LES CARTES PÉNALISÉES
Avant d'aborder les lois traitant la renonce ou l'entame hors tour, il
convient d'établir ce qu'est une carte pénalisée, telle que la définit
la Loi 50.
DÉFINITION
Une carte est pénalisée si :
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Elle appartient à un joueur de la défense.
Le déclarant ou le mort n'ont jamais de carte pénalisée.
-
Elle a été exposée prématurément, mais non attaquée.
Si elle a été attaquée, c'est la Loi 57 qui s'applique.
Il existe deux sortes de carte pénalisée.
Une carte est pénalisée secondaire si les trois conditions
suivantes sont remplies :
-
Elle n'a pas été jouée intentionnellement, autrement dit a été
exposée par inadvertance.
L'inadvertance est toujours appréciée de façon restrictive
et correspond à une erreur matérielle, deux cartons d'enchères collés,
par exemple. Les fautes d'inattention, d'étourderie, etc. ne relèvent
pas de l'inadvertance, mais du changement d'intention.
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Elle est inférieure au 10.
-
Elle est unique : le joueur fautif n'a pas d'autre carte pénalisée.
Une carte est pénalisée principale dans tous les autres cas,
c'est-à-dire :
-
si elle a été jouée intentionnellement,
-
ou si elle est supérieure ou égale au 10.
Si un joueur a deux cartes pénalisées ou plus, toutes ces cartes
deviennent des cartes pénalisées principales (Loi 51, en annexe).
PROCÉDURE
Une carte pénalisée doit rester face visible sur la table, juste
devant le joueur à qui elle appartient, jusqu'à ce qu'elle soit jouée
ou qu'une pénalité de remplacement ait été choisie.
La carte est pénalisée secondaire :
-
Le joueur fautif n'a pas le droit de jouer (pour fournir,
défausser, attaquer) une carte inférieure au 10 de la couleur de la
carte pénalisée, tant qu'il n'a pas joué cette dernière.
-
Le partenaire du joueur fautif n'a aucune pénalité, mais
l'information obtenue du fait d'avoir vu la carte pénalisée est
illicite.
Il lui est donc interdit d'en tenir compte (Loi 16A).
La carte est pénalisée principale :
-
Le joueur fautif est obligé de jouer la carte pénalisée pour :
- fournir, si la couleur de la carte est jouée,
- défausser,
- attaquer la levée suivante, s'il a la main.
L'obligation de fournir à la couleur, ou de se soumettre à
une pénalité d'attaque ou de jeu, prime sur l'obligation de jouer une
carte pénalisée principale. Cependant, la carte pénalisée doit
toujours rester face visible sur la table et être jouée à la première
occasion légale.
L'obligation pour le joueur fautif de jouer la carte est, pour le
partenaire, une information autorisée. Toute autre information tirée
du fait d'avoir vu la carte pénalisée est non autorisée (Loi 16).
-
Le partenaire du joueur fautif, s'il a la main, doit attendre
que le déclarant fasse son choix, parmi trois possibilités, avant
d'attaquer la nouvelle levée :
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Le déclarant peut obliger (Loi 59, en annexe) le partenaire à attaquer
la couleur de la carte pénalisée. La carte n'est plus pénalisée et le
joueur fautif la remet dans son jeu.
-
Le déclarant peut interdire (Loi 59, en annexe) au partenaire de jouer
la couleur de la carte pénalisée. Cette interdiction perdure tant que
le partenaire conserve la main, mais la carte n'est plus pénalisée :
le joueur fautif la remet dans son jeu.
-
Le déclarant peut laisser le choix de l'attaque libre. Le partenaire
peut alors attaquer n'importe quelle carte de n'importe quelle
couleur. Cependant, la carte du joueur fautif reste pénalisée et ne
réintègre pas son jeu.
UN EXEMPLE
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R D 7 |
A 4 2 |
8 6 2 |
8 7 5 3 |
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9 8 5 4 |
R 10 9 |
D V 10 3 |
V 4 |
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6 2 |
V 8 6 |
R 9 7 5 |
D 10 9 6 |
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A V 10 3 |
D 7 5 3 |
A 4 |
A R 2 |
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Sud joue 3SA sur l'entame de la Dame de Carreau. Après avoir pris le
deuxième tour de Carreau, il joue le 3 de Pique et Ouest fait tomber
le Roi de Coeur en fournissant le 8.
Appelé, l'arbitre informe les joueurs de leurs droits et obligations.
Le Roi de Coeur devient une carte pénalisée principale, bien
qu'ayant été exposée par inadvertance (c'est une erreur matérielle :
le Roi était collé au 8 de Pique), car il s'agit d'un honneur.
La carte reste donc face visible sur la table.
Sud, bien informé, trouve immédiatement le moyen de réaliser son
contrat :
il joue l'As de Coeur du mort, sur lequel l'infortuné Ouest est dans
l'obligation de fournir le Roi, affranchissant ainsi la Dame de Sud, et
la neuvième levée !
LES LOIS CONCERNÉES
LOI 59 - IMPOSSIBILITÉ D'ATTAQUER OU DE JOUER COMME EXIGÉ
Si un joueur est dans l'impossibilité d'attaquer ou de jouer comme
exigé pour se conformer à une pénalité :
-
parce qu'il ne détient aucune carte dans la couleur exigée, ou
-
parce qu'il a seulement des cartes dans la couleur qu'il lui est
interdit d'attaquer, ou
-
parce qu'il est obligé de fournir à la couleur,
alors, il peut jouer n'importe quelle carte légale.
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Cette fiche ne traite que le cas où une seule carte est pénalisée. La
Loi 50 ne s'applique pas lorsqu'un joueur a deux cartes pénalisées, ou
plus. Voici, en complément d'information, la Loi 51, qui régit ce
dernier cas.
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LOI 51 - DEUX CARTES PÉNALISÉES OU PLUS
A. Au tour du joueur fautif de jouer
Si un joueur de la défense a deux cartes pénalisées ou plus qui
peuvent être légalement jouées, le déclarant désigne celle qui doit
être jouée à ce tour.
B. Au tour du partenaire du joueur fautif d'attaquer
-
1. Cartes pénalisées dans la même couleur
Quand un joueur de la défense a deux cartes pénalisées, ou plus, dans
une même couleur :
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a) Le déclarant exige l'attaque de cette couleur : si le
déclarant exige que le partenaire du joueur fautif attaque cette
couleur, les cartes de cette couleur ne sont plus pénalisées. Le
joueur fautif les reprend et joue n'importe quelle carte légale à
cette levée.
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b) Le déclarant interdit l'attaque de cette couleur :
si le déclarant interdit l'attaque de cette couleur, les cartes de
cette couleur ne sont plus pénalisées. Le joueur fautif les reprend et
joue n'importe quelle carte légale à cette levée.
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2. Cartes pénalisées dans plus d'une couleur
Quand un joueur de la défense a des cartes pénalisées dans plusieurs
couleurs :
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a) Le déclarant exige l'attaque d'une couleur spécifiée :
le déclarant peut
exiger1
que le partenaire du joueur fautif attaque une des couleurs pénalisées
(mais B.1.a ci-dessus s'applique).
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b) Le déclarant interdit l'attaque de couleurs spécifiées :
Le déclarant peut
interdire1
au partenaire du joueur fautif d'attaquer une ou plusieurs de ces
couleurs. Le joueur fautif reprend alors toutes les cartes pénalisées
dans chaque couleur interdite et joue n'importe quelle carte légale à
cette levée.
1.
Si le joueur est dans l'impossibilité d'attaquer comme exigé, la
Loi 59 s'applique.